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Your Comfort Zone is not Your Home

Il y a des choses que je ne peux pas faire, comme noter une idée aujourd’hui et écrire dessus le lendemain, même quelques heures plus tard s’avère vite être compliqué. Nous ne sommes déjà plus la même l’instant d’après et je ne suis pas douée pour forcer les gens ni les choses, ma propre pensée la première. Il est vrai qu’il m’arrive parfois de préférer me retirer plutôt que d’essayer de forcer les choses, et il est bien vrai aussi que je me suis retirée bien trop souvent, bien trop vite, bien trop lâchement… Il est facile de déguiser une fuite en une sortie héroïque et habiller des pas pressés d’une démarche décidée.

Je m’égare bien trop vite dès que je commence à écrire, un jour je compterai le nombre de mots écrits avant le premier virage, puis on établira une liste de records. Mais c’est que tout est lié, voyez-vous ? Je ne peux pas m’en empêcher.

À chaque instant nous sommes différents et à chaque instant son lot de pensées, son état d’âme, son inspiration… Je préfère laisser couler les pensées de celui-ci plutôt que d’essayer d’approfondir celles du moment précèdent aussi intéressantes puissent-elles être, elles reviendront de toute façon à un autre moment, elles finiront par revenir à moi, elles ne peuvent pas aller bien loin, on a beau les oublier elles sont toujours là, quelque part. Rares sont les auteurs qui ont écrit plus d’un livre, non ? C’est toujours la même histoire qu’on ressasse, la nôtre, parce qu’au fond on ne connaît qu’elle.

Une nuit allongées dans le noir, elle me demande quel est mon but dans la vie. La question m’a surprise tellement que je n’ai pas répondu, on n’avait pas l’habitude d’avoir ce genre de conversations. On avait les mêmes fous rires, ce qui était déjà beaucoup, mais nous évitions généralement les discussions sérieuses, encore moins philosophiques. Pourtant je connaissais la réponse, je la connaissais depuis longtemps. Probablement depuis ce jour où mon ancienne boss m’avait posé cette même question alors que nous étions en route vers un client, encore une fois totalement prise au dépourvu je ne répondis pas. Mon but dans la vie est de cesser d’avoir peur, ne plus avoir peur, oui là se loge mon accomplissement tant souhaité, quand ce moment-là arrivera je pourrai m’en aller sereine et satisfaite. Je me doute bien que tout ce qu’on puisse faire est la surmonter sans jamais l’éliminer totalement, et je peux également dire que mes peurs ne sont déjà plus les mêmes. Je réalise avec soulagement que nombreuses sont celles qui, si elles n’ont pas totalement disparu, puisque rien ne disparaît vraiment, se sont bel et bien transformées et diluées ailleurs en moi.

Si je parle de ça là maintenant c’est à cause d’une vidéo que j’ai regardée tout à l’heure et qui m’a rappelé que s’il y a une chose que tous les créateurs ont en commun c’est la peur de ne pas être à la hauteur, la peur que ce que l’on fait ne vaut pas grand chose. Abandonner avant même d’avoir commencé, sauter dans le vide juste parce qu’on a le vertige et qu’on préfère en finir, ou juste parce qu’il n’y a personne autour pour nous chuchoter qu’il croit en nous, parce que parfois il suffit d’un encouragement et nous repartons de plus belle. Abandonner juste pour se libérer de l’angoisse de l’échec mais on n’est pas libre pour un sou, c’est un soulagement illusoire et très vite nous reprenons notre gros caillou et nous re-tentons de remonter la pente… parce que nous sommes condamnés à être.

Cesser d’avoir peur commence lorsqu’on passe à l’action, combien de fois la réponse nous tombe dessus lorsque l’on cesse de réfléchir ? 14 ans plus tard, je n’arrive toujours pas à expliquer cet instant où le prof de maths me hurle dessus « écris-le ! » je sursaute et résous l’équation sur le champ, je ne connaissais pas la réponse pourtant. Ne pas réfléchir. Comme ce soir où j’ai décidé de juste écrire, sans réfléchir, sans passer mille ans sur une phrase pour qu’elle soit la plus parfaite et la plus belle possible, juste écrire.

Tout n’est peut-être pas que répétition finalement, il y a quelque chose de définitif lorsqu’on arrive enfin à être.

© Photo : L’âne Vert, le lodge. 26.08.2016 09:38

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2 réponses à “Your Comfort Zone is not Your Home”

  1. Nada El Maliki

    Oh la peur notre pire ennemi mais aussi celle qui nous apprend beaucoup sur nous mêmes ! Merci pour ces belles pensées je viens de découvrir ta chaîne et ton blog. J’apprécie énormément ta passion pour la lecture et je dois dire que j’ai toujours voulu dévorer les livres sans trop y parvenir 😉 (je me trouvais toujours des excuses). Je viens de commencer à lire « Ameriacanah » et que puis-je te dire ? tu m’as vraiment aidé Hajar à faire la paix avec la lecture car il y’a bien longtemps que je n’avais été absorbée par livre autant. Au plaisir de te lire et de voir tes vidéos à venir!
    Bisous-
    Nada de Rabat (aussi 😉 )

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    • Hajar H.

      Je vous motive à lire et voilà que vous me motivez à votre tour ! Et Americanah ah ! Je suis heureuse que tu l’apprécies 💛

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